Les Loups de Coucy
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Etude sur le roman du Castelain de Couci - Troisième extrait: Après le tournoi (1900-01-01)
Posté par béa le 22/11/2013 à 09:06


Etude sur Le Roman du Castelain de Couci

Troisième extrait: Après le tournoi

Vous pouvez consulter le premier extrait ici (3617 accès)

Et le second extrait ici (3031 accès)

 

Version XIII°

 

Lors estoit jà si avespri

Qu’il estoit bien poins de lessier

Le behourder pour l’anuitier.

Quant on dut laissier le jouster,

Li sires de cousi monter

En va erant sour son coursier

Le plus puissant sans atagier ;

De sa compagie monterent

As hours, et haut et bas alerent

Dames et chevaliers prier

Qu’à sa court venisset mengier :

Tuit i vinrent communaument.

Or vous deviserai comment

Li mangiers estoit aprestés.

Desous Venduel enmi les prés,

Pès de fere par dalès Oise,

Où mains oisiaus menerent noise,

Là avoit-on tentes drechies

Plus de vingt bien appareillies.

Moult parestoit li lieux plaisans

Et pour deduire delitans,

Car li bois par dalès estoit,

La rivière les enclooit ;

 

Et puis ileuques flours estoient

Qui moult très souef odouroient.

Si bisn les ot-on atounés

Que ce sambloit à droit celés.

El liu qui tant ert delitables

Estoient là mises les tables

Où il avoit des flours es prés

De diverses coullours assés.

 

De ce ne vous voel plus parler,

Amon compte voel retourner.

A lor osteux repairent tuit,

Li aucun mainnent grand deduit,

Car cilz qui le mieus fait l’avoit

Par raison plus joiant estoit.

Là ouissiés crier hiraut

Par maintes fois et bas et haut

Les ensengnes des bacelers,

Car telz biens fais n’afiert celers ;

Et cilz qui celer le voudroit,

Lers d’onnour embler seroit.

Lors se vont tout appareillier,

Car temps estoit d’aller mengier.

Là véissiés dames parées

Detout estas, bien acesmées ;

Si comme d’un païs estoient

En ces momens ensamble avoient

Cotes et sourcos et mantiaux,

Menestres, et font leurs aviaus.

Au partir de ces paremens

Li sires de Couci n’iert lens

De faire feste à son povoir

Atous comme signeur de grant pooir.

Il et tout li Vermendisien

Erent vestu et tuit li sien

De samis vers très bien ouvré

Tous semenchiés d’aigles doré :

C’estoient moult bel parement.

Li chevaliermoult gentement,

Et les dames de Vermandois

Ensamble tenant par les dois

Viennent es tentes pour souper.

Lors oïssiés trompes sonner

Et tabours pour le plus nosier.

Dont revindrnet li Henouier

Et les dames mignotement,

Tous et toutes communaument

Acesmées d’une maniere

Moult noblement et riche et chiere.

Li flamenc et li Brebençon

Erent de leur condition ;

Acesmemens avoient biaus

D’or semés de noirs lionchiaus.

Doy et doys s’en vinrent chantant

El lieu où moult faisoit plaisant ;

Chantant moult gracieusement

Belles chançons et gaiement.

Et Champenois et Bourguegnon

Acesmemens d’une façon,

Avoient, et li Berruier

D’un samis vermeil noble et chier

Semés de lupardiaus d’or fin.

 

Onques puis le temps Constentin

Ne furent plus mignotement

A noble feste grandement.

Adont fist-on l’aigue corner,

Si vont communaument laver,

Et puis s’asisent au mengier

Partout dames et chevalier.

Et quant assis furent ensable,

A maint chevalier illeuc samble

Qu’il soient tuit em paradis,

Quant recordoient leurs dous dis,

Et les maintiens et les gens corps

De celles de quoy li recors

Si lors est el corps empraintes.

 

Illuecques fu mains cuers emblés.

Li mengiers fu riches et grans,

Des mès ne serai jà contans.

Version XV°

 

Quant la feste fu deffaillye pour la nuit quy les approchoit, le seigneur de Coucy, duquel pour lors estoit sy grant renommee en touttes terres, avant que les dames descendeissent des hous, les prya toutes de venir soupper en la praierye es tentes et pavillons que estoient la drechiés, et aveuc elles tous dus, contes et barons, chevaliers et escuiers et tous aultres nobles hommes. Sy y vindrent tous a sa priere, a laquelle jamais n’euissent volu faire refus, car il n’y avoit celuy ne celle quy ne luy desirast faire service. Se dire et raconter vous voloye des més et entremés et aultre jolyetez quy ad ce soupper furent fays, assés y porroye mettre. Heraulx, menestrés, trompettes, jongleours y jouerent y jouerent de leurs menestriers ; de leurs abillements ne des atours des dames ne vous veul faire grant parlement.

 

 

 

 

Version XIX°

le sire de Coucy remonta sur son bon cheval

L’heure étoit arrivée de quitter le tournoi ; la nuit étant survenue, le sire de Coucy remonta sur son bon cheval,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les dames et les chevaliers assistent au festin

 

et tous les gens de sa suite se rendirent aux galeries pour prier les dames et les chevaliers d’assister au festin qu’il avoit fait préparer, ce qui fut accepté avec empressement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On y voit dressé plus de vingt tentes bien ornées.

Je vous dirai comment le repas étoit dressé dans la prairie sous Vandeuil, près La Fère, non loin des bords de l’Oise, qui retentissent du chant des oiseaux. On y voit dressé plus de vingt tentes bien ornées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les dames et les chevaliers assistent au festin

 

La situation de ce lieu, entre le bois et la rivière, étoit délicieuse et invitoit au plaisir. Les fleurs répandoient au loin leur doux parfum ; et elles étoient si bien disposées, qu’elles sembloient avoir été plantées exprès. C’est dans ce lieu chamant que furent dressées les tables, au milieu de la prairie émaillée de fleurs de toutes les couleurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chacun s’occupa de sa toilette.

 

Je n’en dirai pas davantage, et je reviens à mon histoire. Les invités regagnent leurs logemens, tous animés par la joie ; ceux qui s’étoient le plus distingués étoient aussi les plus joyeux. Là vous eussiez entendu les hérauts proclamer d’une voix plus ou moins forte les prouesses des bacheliers ; car il ne convient pas de cacher de belles actions, et celui qui l’essaieroit feroit un vol à l’honneur. L’heure du repas étant venue, chacun s’occupa de sa toilette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toutes les dames se faisoint remarquer par l’éclat de leur parure et de leurs bijoux

 

Toutes les dames se faisoint remarquer par l’éclat de leur parure et de leurs bijoux ; et quoiqu’elles fussent venues de diverses provinces, on les pouvoit croire toutes du même pays, car elles étoient toutes vêtues de robes , surcots et manteaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les chevaliers donnent la main aux dames

 

Lorsque la société fut prête, le sire de Coucy s’empressa de faire fète à ses hôtes comme seigneur de haute noblesse. Lui et les Vermadoisins étoient vêtus de samis vert très fin semé d’aigles dorées ; le coup d’½il étoit magnifique. Les chevaliers donnent la main aux dames,

et se rendent vers les tentes pour souper.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Venoient ensuite les champenois et les Bourguignons, fort bien habillés

On entendit alors le son des trompettes et des tambours qui firent accourir les convives du Hainaut, avec les dames toutes parées avec autant d’élégance que de richesse. Les Flamands et les Brabançons, vêtus d’habits d’or semés de lionceaux noirs, alloient deux à deux , et marchoient vers le lieu de la réunion, en chantant avec grâce et gaîté de charmantes chansons.

Venoient ensuite les champenois et les Bourguignons, fort bien habillés ; puis les Berruyers, vêtus de samis rouge semé de léopards d’or.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis Constantin, on ne vit jamais une plus aimable ni noble fête.

Depuis Constantin, on ne vit jamais une plus aimable ni noble fête. Aussitôt que l’eau fût cornée, chacun alla lave avec sa dame, puis on se mit à table.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le repas fut si abondamment servi, qu’on ne pourroit compter le nombre de mets.

Quand tout le monde fut placé, les chevaliers se crurent en paradis, surtout en entendant les doux entretiens des dames, en admirant leur maintien, leurs grâce aussi plus d’un c½ur y perdit sa liberté.

 

 

Le repas fut si abondamment servi, qu’on ne pourroit compter le nombre de mets.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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fabien
jean-paul
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Hummm
Posté par jean-paul le 23/11/2013 à 09:24 - Répondre - Citer
On y retourneroy bien volontiers...
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